Mercredi 14 février 2018, une figure du Valenciennois s'en est allée, à 93 ans. Le Commandant Gilles Fabry, promu commandeur dans l'ordre national du Mérite en 2011, s'était illustré dans la résistance aux côtés de son père, et au sein de la communauté sapeur-pompier.

"J'étais strict et dur. Mais juste et bon", disait de lui-même Gilles Fabry à propos des 33 années qu'il aura passées, de 1954 à sa retraite en 1988, à la tête de la Caserne d'Anzin. La rue du Centre d'Incendie et de Secours porte d'ailleurs son nom depuis 2011. L'ancien résistant, d'abord "gêné", avait alors accepté cet honneur "pour notre corporation et pour la mémoire de mon père".

 

 Mémoire de la Résistance et membre de nombreuses associations patriotiques, la longue et emblématique carrière du Commandant Gilles Fabry au sein de la communauté des sapeurs-pompiers aura notamment permis des avancées majeures en faveur de la protection sociale des sapeurs-pompiers volontaires sur le territoire national. Il a en effet été l'initiateur d'un texte de loi de 1991 sur la protection sociale des volontaires, un texte toujours en vigueur. Puis, il a milité, en 1999, pour que les veuves des volontaires aient aussi le droit à une pension de reversion.

Le nombre et l’importance de ses responsabilités illustrent à quel point le Commandant Gilles Fabry fut, tout au long de sa vie, un grand sapeur-pompier et un éminent dirigeant de notre réseau associatif aux niveaux départemental, régional et national, particulièrement investi dans les solidarités et la cohésion de notre communauté. Président de l'Union Départementale, Administrateur de la Fédération Nationale, Président de l'Association des Anciens sapeurs pompiers du Nord... il a, pour chacune de ses fonctions, assumé ses responsabilités avec humanité et dévouement.

Par son engagement pour la défense de notre pays durant la Seconde Guerre mondiale et dans la résistance, il fut également un grand Français, dont le civisme exemplaire a été justement récompensé par la République à travers l’attribution des ordres nationaux du Mérite et de la Légion d’honneur. Comme son père, il devient sapeur en 1943 (parce que les pompiers ne pouvaient être pris pour le STO pendant la guerre). Ce statut lui permet d'obtenir un laisser-passer de nuit dont il se sert pour participer activement à un réseau de résistance. S'il a échappé in extremis à des arrestations de la Gestapo, son père a malheureusement été fusillé dans son habit de pompier, peu avant la libération de Valenciennes.

Par son action exemplaire, le Commandant Gilles Fabry mérite notre profonde considération et notre reconnaissance éternelle. Son souvenir restera puissamment ancré dans nos mémoires.

 

En décembre 2011, le magazine ASP MAG a voulu lui rendre un hommage dans, lors d'un jeu de questions-réponses auquel le Commandant Fabry a bien voulu répondre sans détour, comme à son habitude ! (Propos recueillis par Éric Leroy-Terquem)

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